17 juin 2001



   Aujourd'hui, grande expédition à Tokyo. Lever très tôt parce que je ne me suis pas encore tout à fait mis en phase avec le fuseau local et parce que le soleil qui se lève à 4h30 ne m'aide pas. Le bus part à 7h58 précises de devant le KEK (rien de plus facile !) et on verse l'argent sur un petit tapis roulant à côté du conducteur. Il paraît que la machine est capable de rendre la monnaie...
  Le bus traverse différents patelins que je serais bien incapable d'énumérer, ou même de localiser. Enfin, il s'engage sur l'autoroute, prend son ticket de péage comme tout le monde (la machine détecte automatiquement à quelle hauteur il faut donner le billet) et fonce vers Tokyo. Arrivée à la gare principale à 9h25 : le trafic est encore clément à ces heures.
  9h45 : un couple japonais avec une petite fille de six ans (Nini) me retrouve pour m'amener à la messe mensuelle qui a lieu dans un quartier résidentiel de Tokyo. Pour me reconnaître, ils ont imprimé la photo que j'exhibe sur ma page web... (et où j'ai environ 5 ans). J'apprendrai par la suite qu'ils ont aussi imprimé (et lu !) toute ma biographie, et qu'ils connaissent les noms de mes quatre frères. Ne vous étonnez pas si ma page web disparaît un de ces jours.
  Premier contact avec le métro de Tokyo. Je suis mes nouveaux amis japonais... Nous arrivons enfin à une petite chapelle improvisée où se retrouve une petite communauté de 20 personnes (dont quelques américains émigrés) autour d'un jeune prêtre japonais. Ce dernier était la veille à Osaka, sera la semaine prochaine en Corée, et réside le reste du temps aux Philippines. On les appelle des missionnaires...
  Après la messe, nous mangeons ensemble, puis la famille de Nini me propose de retourner en ville. Retour donc, par un autre chemin, à proximité de « Tokyo station ». Là, nous entrons chez « Maruzen », un grand magasin de 6 étages (genre Placette au centre de Lausanne ou Genève), qui entre autres vend des livres importés. On y trouve toutes sortes de livres dans toutes sortes de langues sur le Japon (dictionnaires, cartes, manuels, méthodes, guides), les guides Michelin, Harry Potter en Français, Les Misérables en Anglais, et des livres de Physique... Inutile de dire que je suis légèrement impressionné. Et pourtant, je n'ai encore rien vu...
  Après Maruzen, nous traversons la rue pour entrer chez Takashimaya, qui vend de tout, surtout du luxe, sur plus de 9 étages immenses. Au sizième par exemple, on trouve tout ce qu'il faut pour le mariage : robes blanches, complets et fracs, articles divers pour listes de mariage, ou agence de voyage. Au sous-sol, ce sont les aliments : a côté de toutes les sortes possibles et imaginables de sushis, on trouve des produits Fauchon ou autres épiceries de luxe. Il y a aussi les fruits à offrir en cadeau, comme ces quatre pêches à 100 dollars. Au dernier étage, en plein air, on trouve des poissons (à acheter pour sa mare), certains valant jusqu'à 30'000 dollars, ainsi que des tortues et des crabes. Pour 100 yens (CHF 1.50) vous pouvez acheter de la nourriture pour poissons à jeter dans une petite mare qui contient beaucoup de poissons plus ou moins gros. Mais aujourd'hui ils semblent avoir déjà bien assez mangé, au grand désespoir de Nini.
  Après une glace Häagen Daasz avalée dans la gare principale de Tokyo je reprends le bus et quitte mes amis japonais (il est 18h40 et il fait déjà presque nuit). Le temps de m'assurer que les légendaires embouteillages de Tokyo ne sont pas un mythe, et me voilà de retour au KEK, prêt à affronter enfin le monde japonais du travail !